Les transformations silencieuses

De François Jullien

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Je me souviens avec émotion du jour où mon grand père a rendu visite à un ami qu’il n’avait pas vu depuis plus de trente ans. « Il est vieux! », avait-il dit en le quittant. « Je suis vieux aussi alors! » , avait-il ajouté, traquant son image dans une vitrine.  Pourtant il se rasait tous les matins. Sans se regarder et sans se voir. (Je suis très douée aussi pour ça!)

Vieillir, grandir, se désaimer font partie des transformations silencieuses qui, un jour, créent événement quand nous constatons un certain degré de maturation. Mais le propos de François Jullien dépasse largement cette expérience commune pour confronter deux modes de pensée, occidentale et chinoise. En observant l’écart entre nos perceptions de l’existence, de la société, de l’Histoire, nous pouvons déconstruire ce en quoi notre vision du monde, appuyée sur le langage, est conditionnée par notre culture. Et nous pouvons entrevoir une autre perception possible, ‘oser’ penser autrement. « Jusqu’où a-t-on pu repousser ici et là les frontières du pensable et étendre le soupçon de ce qu’on ne pense pas à penser? » Cet écart promeut un point de vue d’exploration. J’aime beaucoup cette pensée curieuse et ouverte qui ne place pas d’échelle de valeurs mais « déplie l’éventail, fait paraître une faille dans cet insoupçonné du préalable de la pensée. »

Pour commencer, François Jullien relève la conception grecque, et donc européenne du sujet et de l’action. L’homme européen est sujet d’initiatives, il conçoit, veut, vise et entreprend, tout en gardant le sentiment de son Être. Son action est locale, momentanée et se démarque du cours des choses. L’épopée retrace ses aventures. Le Chinois se place, lui, dans un continuum sans égard à lui, un enchaînement global dont il est le produit successif. La transformation est globale, progressive, s’inscrit dans la durée, le résultat d’une corrélation de facteurs. Le stratège n’a d’autre ambition que « de transformer le rapport de forces de façon à le faire basculer silencieusement à son profit, dans la durée ». Le Prince n’impose rien, il transforme les mœurs autour de lui, en silence. La transformation se diffuse, s’auto déploie. Comme la nature, sans saga ni épopée. L’energie est investie dans le procès des choses. L’épuisement, déjà contenu dans le germe, entraîne la modification, qui permet la continuation et donc la durée.

Le temps, une autre notion qui nous distingue. En Chine, il n’existe pas de concept de temps, au sens où nous l’entendons. Notre culture perçoit le temps comme un but, nous allons vers la mort, vers l’événement. Notre vie est une course contre le temps, une flèche tendue vers sa cible, la fin! Pour les Chinois, il n’existe que le tao, un procès continu de transformations subtiles. Il existe une durée, les saisons, inscrites dans un processus continu de renouvellement. Le germe du fruit à venir contient aussi son périssement, et de sa pourriture naîtra le prochain fruit. Le yin et le yang, opposés imbriqués l’un dans l’autre, montrent que l’unité contient les germes de l’essor et de la chute. Visuellement je me représente le temps occidental comme une flèche lancée vers sa cible, et le temps Chinois comme une, non plusieurs ondulations sans fin ni commencement. Ça change la vision de la vie!

Notre culture européenne est une culture de l’événement. Notre religion est une religion de l’événement. Nous sublimons l’événement car nous y voyons  « la seule voie d’effraction possible vis à vis du conditionné », l’affirmation de notre liberté. L’événement crée une rupture ouverte, promeut l’existence, le miracle, le phénomène. Il permet de « réentendre l’avènement du monde ».

Le Chinois, la langue chinoise, utilise le même mot comme nom, verbe ou adjectif, (Ming = éclairer, clarté, clair). Aussi n’existe-t-il pas de conflit entre l’événement et la chose. La sagesse chinoise dissout l’événement, dédramatise et défocalise, nous libérant de l’émotion qu’il suscite, et le replace dans sa cohérence, comme émergence et conséquence de maturations subtiles.

Cela change la vision de l’Histoire et de la politique! Nos dirigeants sont pris dans un système qui les dépasse, pieds et poings liés? Parce qu’ils n’osent pas penser autrement! Ils promettent des actions sans pouvoir agir, mais ils peuvent « accueillir le moment dans son occurrence », renoncer à l’idee de but à atteindre pour écouter les amorces infimes et infinies du changement et les aider à émerger, voir les germes de possibles qui vont permettre la transformation diffuse, mais latente et à long terme.

Mon interprétation personnelle de cet écrit complexe mais passionnant, la voici: Si nos politiciens sont bloqués dans leur conception du monde comme nécessitant ruptures et interventions musclées, la société civile, elle, est en route, elle est ‘de saison’, comme dit François Jullien. Elle transforme subtilement les bases de notre culture de l’événement, et utilise pour ça l’outil créé par cette même civilisation moribonde, la Communication! Les acteurs de la décroissance, les Pierre Rhabi, les adeptes de la permaculture, les Albigeois et autres partageurs, jardiniers et éducateurs, les voix qui s’insurgent contre Monsanto et les distributeurs de semences anciennes et illégales, et tant d’autres ... diffusent subtilement leur vision de transformation silencieuse. Ils font leur part. À nous de faire également la nôtre!

 

Notre oasis TerreSourire

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Nous venons de terminer une formation gratuite sur internet, appelée mooc. Cette formation provient de l’Université des Colibris. Elle est généreuse, géniale, et germinatoire! Bon, d’accord, ça n’existe peut être pas, mais je voulais un troisième adjectif en gé! Et celui ci correspond bien à l’idée de semer des graines qui vont germer dans nos esprits, et qui sont aussi ces fameuses graines qui vont germer dans notre terre nourricière. Que nous  allons planter!

 

Lien vers l’Université des Colibrth.jpegis: https://www.colibris-lemouvement.org/agir/campagne-tous-candidats/luniversite-des-colibris-vers-un-nouveau-projet-de-societe

 

 

Une oasis, c’est un lieu de partage. On peut y partager son habitat, mais ce n’est pas obligatoire, ses valeurs, son jardin en permaculture, des lieux de vie, d’artisanat.

J’aime le terme d’artisanat lié à l’oasis. Nous allons être les artisans de notre propre lieu et mode de vie. Et nous allons créer notre lieu de vie, indépendant et privatif, mais aussi et surtout tous nos espaces communs: le jardin pour tendre vers l’autonomie alimentaire, le système de phyto-épuration pour gérer l’eau au plus près, nos espaces communs: table ronde, bureau, bibliothèque, atelier, élevage de quelques poules, chèvres, un âne!!

 

Le Larzac? Le rêve soixante-huitard? Oui, dans une certaine mesure, mais avec des différences claires. Il ne s’agit pas de vie commune, mais de la création d’une communauté de vies indépendantes, il s’agit de vie simple, mais pas nécessairement bohème, d’un retour aux sources et d’un rejet d’une société centrée sur l’argent et le gain, mais avec des objectifs d’autosuffisance et de gestion des ressources et des énergies.

 

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Une yourte en autoconstruction, un lieu épatant pour prendre des décisions!

 

Lien vers l’autosuffisance: http://autosuffisance.fr

Une belle définition, je trouve!

 

La permaculture en est l’image. Il s’agit de cultiver la terre en dépensant le moins d’énergie possible, d’agencer les espaces de telle sorte qu’ils se nourrissent les uns des autres. Selon ce principe, chaque plante, chaque élément remplit plusieurs fonctions.

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Par exemple, les poules, en plus de nous fournir de la nourriture, nettoient le sol, le fertilisent, mangent nos déchets de cuisine et des insectes potentiellement nuisibles tout en divertissant petits et grands par leur compagnie !

 

permaculture-design.jpgLiens vers la permaculture:

Fb: Permaculture, solution définitive aux pesticides et à la faim !

http://www.permaculturedesign.fr

http://www.madamelaterre.com/pages/la-permaculture/quelques-exemples-de-techniques-utilisees-en-permaculture.html

 

Lien vers la phyto-épuration:

http://www.grainedeau.eu/presentation-d-une-phytoepuration-des-eaux-grises-en-image

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Grâce au mooc, nous, les initiateurs du projet qui s’appelle provisoirement du moins et à ma grande joie  «TerreSourire », avons pu créer notre premier cahier des charges.  Nous avons dû réfléchir précisément au style de vie que nous voulions construire, aux méthodes de collaboration et de partage, aux activités que nous voulions développer, à la taille de notre groupe mais aussi au financement et au montage juridique. C’est une grande avancée pour nous car le projet devient plus clair et plus concret.

A présent, nous cherchons un terrain. De préférence sous la Loire et jusque dans le sud, mais pas trop! Avec des corps de bâtiments existants à retaper, un cours d’eau si possible, et des terres cultivables. Une mairie qui accepte de soutenir un projet de hameau…

Si l’aventure vous tente, faites le moi savoir! Qui sait? Nous ferions peut être un bout de chemin ensemble?

Le droit à la paresse

De Lafargue
J’ai déniché ce petit bijou à 2,40€ aux Éditions Mille et une Nuits. Le bonhomme, proche de Karl Marx, écrit Le Droit à la Paresse en 1883, depuis la prison de Sainte Pélagie. Bon sang! Plus de cent trente ans après, on peut vérifier que ce qu’il dénonçait alors s’est réalisé!

« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales, qui depuis des siècles torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. »

Ainsi débute ce texte dans lequel Lafargue dénonce les prêtres, les économistes et les moralistes qui ont sanctifié le travail, mais aussi les ouvriers qui se sont laissés pervertir. « Le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle. »

Il s’érige contre Thiers qui voulait rendre toute puissante l’influence du clergé pour propager « cette bonne philosophie qui apprend à l’homme qu’il est ici-bas pour souffrir ».

L’obsolescence programmée, une invention du XXème siècle? Que nenni!  » Tous nos produits sont adultérés pour en faciliter l’écoulement et en abréger l’existence ».

Autre moyen de développer la production, rendre les ouvriers consommateurs. « Afin de trouver du travail pour toutes les non-valeurs de la société actuelle, afin de laisser l’outillage industriel se développer indéfiniment, la classe ouvrière devra, comme la bourgeoisie, violenter ses goûts abstinents, et développer indéfiniment ses capacités consommatrices. »

L’aberration de la surproduction infinie dans un monde fini, une idée neuve? Non plus! « Puisque la quantité de travail requise par la société est forcément limitée par la consommation et par l’abondance de la matière première, pourquoi dévorer en six mois le travail de toute l’année? »

Travailler moins pour cesser de produire sans nécessité et enfin « non épuisés de corps et d’esprit, commencer à pratiquer les vertus de la paresse ».

Même les industriels ont fait l’expérience qu’une réduction du temps de travail et des congés non seulement ne réduisait pas la production, mais l’augmentait. « Quelle marche vertigineuse imprimera à la production française une réduction légale de la journée de travail à trois heures ? », en conclut Lafargue.

Il est succulent ce texte, ironique à souhait, et il nous montre à quel point les choses n’ont pas changé depuis 1883! Que dis-je? Lafargue dénonçait des pratiques d’un siècle!

Alors, je vous demande pardon si j’ai dérogé à ma règle de ne publier que des pensées positives et constructives, mais j’ai trouvé ce texte dopant. Je laisse l’auteur conclure: « Depuis un siècle, le travail forcé brise leurs os, meurtrit leurs chairs, tenaille leurs nerfs; depuis un siècle, la faim tord leurs entrailles et hallucine leurs cerveaux!… Ô Paresse, prends pitié de leur longue misère! Ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines! »

Balade avec Epicure

De Daniel Klein

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A la porte de la vieillesse, Daniel Klein entreprend un voyage en Grèce, à la recherche de la sagesse. C’est cette balade qu’il partage avec nous, ses interrogations et ses rencontres, ses observations. Il n’est pas seul, il a emporté Epicure avec lui, et j’apprécie beaucoup ce voyage en leur compagnie.

Lorsque j’étais étudiante, j’étais l’assistante d’un professeur aveugle, René. J’avais 24 ans, lui presque soixante. Il avait un ami, Jean, ancien professeur d’anglais, insomniaque qui occupait depuis de nombreuses années ses nuits à apprendre de la poésie par cœur ou à se la dire. J’ai eu le privilège d’assister à quelques unes de leurs rencontres et de leurs joutes verbales. C’étaient des gens joyeux qui ne se prenaient pas au sérieux. Ils jouaient avec les mots, les textes appris par cœur et qui désormais les habitaient, et de ces jeux émanait quelque chose d’universel, de serein et de plein. Quand ils étaient loin l’un de l’autre, ils s’écrivaient des lettres en vers. Je le sais car j’eus le privilège d’être lectrice et plume pour René.

La balade avec Epicure m’a évoqué ces souvenirs. J’y ai retrouvé une quiétude et ce sentiment d’être l’heureuse spectatrice d’une conversation profonde, complexe, mais aussi sereine, hors du temps. Alors même que l’auteur se confronte à la question fondamentale du temps qui passe et de la vieillesse qui approche. Que peut on faire ‘de bien’ de ce temps de vie où les forces s’échappent mais la sagesse augmente?

« Ce n’est pas le jeune qui est bienheureux, mais le vieux qui a bien vécu: car le jeune, plein de vigueur, erre, l’esprit égaré par le sort; tandis que le vieux, dans la vieillesse comme dans un port, a ancré ceux des biens qu’il avait auparavant espérés dans l’incertitude, les ayant mis à l’abri par le moyen de la gratitude. »

Cette citation en exergue pose la question de l’être et de l’avoir, du doute et, ce que je ressens de plus en plus, de la gratitude. De nombreuses autres questions sont développées dans le livre. Faut-il tenter de rester jeune le plus longtemps possible, courir après la vie et accumuler le maximum d’expériences jusqu’à atteindre l’extrême vieillesse, ou faut-il vivre chaque âge à sa juste mesure? Faut-il prendre le temps du regard en arrière sur sa propre existence pour en tirer la substantifique moelle? Qui sont nos maîtres en matière de vieillesse?

Quel rapport a donc ce texte avec ta grande quête actuelle, ton changement de paradigme?

Eh bien, vois-tu, je n’ai pas l’âge de Daniel Klein quand il écrit ces lignes, mais j’ai bientôt 58 ans. Si je m’apprête à me lancer dans une nouvelle grande aventure, il est juste que j’en interroge ma place, ma fonction, ce que je peux apporter à la création d’un lieu de vie solidaire. Car ce ne sera sans doute pas ma force physique!

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D’autre part, j’ai toujours été curieuse d’Epicure, et me balader avec Daniel et lui, ma foi, ce fut fort agréable. J’ai aimé rencontrer les vieux Grecs, leurs conversations et leurs jeux.

Je vous recommande chaleureusement cette lecture.

 

Fantaisies

Mon premier  livre de contes ‘Contes magiques, magie des contes’, je l’ai auto publié chez Lulu pour en faire un cadeau de Noël à mes proches, parents et amis. C’était un jeu, plus qu’un défi, quelque chose d’intime qui n’osait pas trop se dire.

Aujourd’hui j’auto publie mon second livre ‘Fantaisies’. Entre contes et nouvelles, avec ou sans éléments magiques, c’est un recueil d’histoires, d’aventures humaines, de cheminements de personnages en quête de sens.

J’ai un peu grandi, je suis fière de le publier! J’ai été très encouragée par les gens qui m’aiment et que j’aime. Oui, ils sont bienveillants et généreux à mon égard, ils m’écoutent lire avec un plaisir évident, et ça opère! Je me sens plus forte! Alors cette fois-ci, je le fais savoir:

JE PUBLIE MON NOUVEAU LIVRE : FANTAISIES

Vous y ferez la connaissance de Valencienne de Brabant, personnage volontaire qui est né de ma rencontre avec ce nom magnifique qui désigne une dentelle, la dentelle de Valenciennes ; de Rubinette et Crapaudine dans un conte végétal : elles aussi sont nées de leur nom, respectivement espèce de pomme et de betterave ; la jeune Mégarde est née de l’expression ‘Par mégarde et inadvertance’, et vous serez surpris d’apprendre qu’elle est étourdie – mais par quoi??? Je ménage le suspens!

D’autres histoires ont vu le jour dans des anecdotes. Lorsque Aude était parisienne, elle m’a dit un matin qu’elle avait mal dormi à cause du bruit dans la rue : ‘C’était comme si mon lit était sur le trottoir!’. Et ce fut ‘La dormeuse de la rue Godot’.

Enfin quel conteur ne s’est jamais attaqué au mystère des ombres? C’est le propos du Chasseur d’ombres, et le L’Ombre d’elle-même, qui met en scène un voleur d’ombre! Quel toupet!

‘La belle histoire d’Artus et Lili’ a une origine particulière. J’aime les vieilles photos, les très vieux portraits sur carton épais. Dans le Limousin, je fréquente la boutique d’un brocanteur, et il y a quelque temps j’y ai trouvé de ces portraits anciens. L’une de ces photos m’a particulièrement intriguée, le portrait d’un grand échalas et d’une petite fille qui se tenaient par la main et dont il était finalement difficile de dire qui était réellement le plus grand.

Le petit peuple de l’âtre est un conte anthropologique. Il a grandi sur la route de Bretagne. Quand je suis arrivée, il a fallu que je l’écrive très vite, j’avais peur qu’il ne s’échappe!

C’est magique, l’écriture! Les mots qui donnent forme et vie à ce que vous sentez, voyez dans votre crâne, sont le lien que vous tissez entre votre imaginaire et celui des autres. C’est pas magique, ça?

Et bien sûr, comme dans le premier livre, les fantaisies sont accompagnées de photos noir et blanc, au gré de mes balades.

Si vous me lisez, si vous m’aimez, dites le moi!

Françoise