Balade avec Epicure

De Daniel Klein

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A la porte de la vieillesse, Daniel Klein entreprend un voyage en Grèce, à la recherche de la sagesse. C’est cette balade qu’il partage avec nous, ses interrogations et ses rencontres, ses observations. Il n’est pas seul, il a emporté Epicure avec lui, et j’apprécie beaucoup ce voyage en leur compagnie.

Lorsque j’étais étudiante, j’étais l’assistante d’un professeur aveugle, René. J’avais 24 ans, lui presque soixante. Il avait un ami, Jean, ancien professeur d’anglais, insomniaque qui occupait depuis de nombreuses années ses nuits à apprendre de la poésie par cœur ou à se la dire. J’ai eu le privilège d’assister à quelques unes de leurs rencontres et de leurs joutes verbales. C’étaient des gens joyeux qui ne se prenaient pas au sérieux. Ils jouaient avec les mots, les textes appris par cœur et qui désormais les habitaient, et de ces jeux émanait quelque chose d’universel, de serein et de plein. Quand ils étaient loin l’un de l’autre, ils s’écrivaient des lettres en vers. Je le sais car j’eus le privilège d’être lectrice et plume pour René.

La balade avec Epicure m’a évoqué ces souvenirs. J’y ai retrouvé une quiétude et ce sentiment d’être l’heureuse spectatrice d’une conversation profonde, complexe, mais aussi sereine, hors du temps. Alors même que l’auteur se confronte à la question fondamentale du temps qui passe et de la vieillesse qui approche. Que peut on faire ‘de bien’ de ce temps de vie où les forces s’échappent mais la sagesse augmente?

« Ce n’est pas le jeune qui est bienheureux, mais le vieux qui a bien vécu: car le jeune, plein de vigueur, erre, l’esprit égaré par le sort; tandis que le vieux, dans la vieillesse comme dans un port, a ancré ceux des biens qu’il avait auparavant espérés dans l’incertitude, les ayant mis à l’abri par le moyen de la gratitude. »

Cette citation en exergue pose la question de l’être et de l’avoir, du doute et, ce que je ressens de plus en plus, de la gratitude. De nombreuses autres questions sont développées dans le livre. Faut-il tenter de rester jeune le plus longtemps possible, courir après la vie et accumuler le maximum d’expériences jusqu’à atteindre l’extrême vieillesse, ou faut-il vivre chaque âge à sa juste mesure? Faut-il prendre le temps du regard en arrière sur sa propre existence pour en tirer la substantifique moelle? Qui sont nos maîtres en matière de vieillesse?

Quel rapport a donc ce texte avec ta grande quête actuelle, ton changement de paradigme?

Eh bien, vois-tu, je n’ai pas l’âge de Daniel Klein quand il écrit ces lignes, mais j’ai bientôt 58 ans. Si je m’apprête à me lancer dans une nouvelle grande aventure, il est juste que j’en interroge ma place, ma fonction, ce que je peux apporter à la création d’un lieu de vie solidaire. Car ce ne sera sans doute pas ma force physique!

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D’autre part, j’ai toujours été curieuse d’Epicure, et me balader avec Daniel et lui, ma foi, ce fut fort agréable. J’ai aimé rencontrer les vieux Grecs, leurs conversations et leurs jeux.

Je vous recommande chaleureusement cette lecture.

 

3 réflexions sur “Balade avec Epicure

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